PHOTOGRAPHE Agnès Etchegoyen

Cela fait partie du travail du photographe de voir plus intensément que la plupart des gens. Il doit avoir et garder en lui quelque chose de la réceptivité de l’enfant qui regarde le monde pour la première fois ou du voyageur qui pénètre dans un pays étrange. – Bill Brandt

De l’imaginaire créatif de cette chasseuse d’images, qui a vu le jour en 1963 en Martinique, dont l’enfance a baigné dans les profondeurs de la nature sauvage de la Guyane, naît un monde à elle fixé par son regard photographique empreint de son extrême sensibilité. Ce monde à part se situe quelque part entre la bande dessinée des temps modernes et le conte de fées de l’époque romantique.

Du haut de ses 14 printemps, la jeune Agnès Etchegoyen armée de l’appareil photo très « pro » de son père, guidée par son instinct et son amour immodéré pour la nature part à la recherche d’images. Sa passion reste à l’état latent jusqu’à l’achat voici maintenant 10 ans d’un appareil très sophistiqué qui fait le bonheur d’Agnès. Elle commence par capturer les images de ses autres passions : le surf, le windsurf ou la plongée sous marine.

Soudain, la révélation éclate, inspirée par le carnaval de Venise, d’où elle revient avec des milliers de photos fixées sur l’objectif. C’est à ce moment-là que l’alchimie commence : elle se met à retoucher et modifier des éléments essentiels de chaque photo, les ciels tourmentés ou autre, dont elle sublime la beauté et l’éclat. Grâce au talent incroyable d’Agnès, Venise dévoile aux yeux de tous son aspect merveilleux.

L’album, présenté sur Facebook, remporte un énorme succès. Cette chaleureuse reconnaissance encourage Agnès. Elle continue sa voie et nous fait apparaître New York comme un déroulement de bande dessinée, en travaillant sur la « dé saturation » partielle des couleurs.

Elle nous plonge directement dans un univers de polar ou au coeur d’un roman de Paul Auster à travers l’ambiance de ces images sorties tout droit de l’univers de la BD qui, avec la science fiction, représente une de ses sources d’inspiration préférée.

Au fil des jours, son travail évolue. Du début où ses images d’origines étaient retravaillées uniquement, elle effectue maintenant des montages en superposant différents clichés, ou en mixant des images entre elles. Toutes ses textures de base sont fabriquées par elle-même en photographiant des surfaces de matières naturelles telles que la pierre, les roches, le sable, les arbres, l’écume de la mer … etc.

Agnès sculpte l’image et, telle une alchimiste, transforme les êtres et le réel en créant une autre dimension, la sienne, là où n’existe que la magie de la beauté ; C’est comme une porte ouverte vers un « ailleurs » qui aurait le pouvoir de transcender la médiocrité quotidienne en splendeur !! Comme au XVIIème siècle le plomb en or !! Cette citation du grand peintre Paul Klee lui va si bien « l’Art ne reproduit pas le visible, il rend visible ». C’est du grand art allié à une parfaite maîtrise technique qui fait d’Agnès une artiste hors du commun. A l’instar de tous ses « fans » et admirateurs sur les sites où son succès n’a plus de limite, on est tenté de reprendre cette expression pour qualifier son art totalement abouti : « de sa galerie magique on sort d’une autre planète que celle de la photographie ».