PHOTOGRAPHE Alexandre Di Pascoli

L’architecture, c’est ce qui fait de belles ruines. (dixit : Auguste Perret)

Alexandre Di Pascoli est né à Schiltigheim, non loin de Strasbourg en Alsace, en 1985. Ingénieur de formation, il s’adonne aussi à ses passions de toujours : l’histoire et l’architecture. Guidé par son engouement, il a déjà exploré de nombreuses régions en France et dans le monde. Et, pour garder un souvenir de ces lieux hors du commun, il n’oublie jamais de sortir son objectif… Ce qui nous mène à son autre passion : la photographie, et plus particulièrement l’Urbex.

Surnommé « Eye of Isis », se qualifiant de « photographe des temps modernes », Alexandre Di Pascoli pratique essentiellement ce que l’on nomme l’Urbex. Le mot nous vient de l’anglais, il est né de la contraction de « Urban Exploration » qui a été abrégé en Urbex. En français, cela correspond à « exploration urbaine », dans le sens de « visites de friches ». Il s’agit de visiter des lieux construits par l’homme et qui ont été abandonnés depuis un temps plus ou moins long. Les lieux explorés dans le cadre de l’Urbex peuvent être de nature très différente : manoirs, châteaux, églises, mais aussi friches industrielles ou bâtiments publics comme les prisons, les asiles, les hôpitaux… Alexandre Di Pascoli a une prédilection pour les lieux prestigieux, tels les châteaux et les bâtisses de caractère. Ces endroits ont un côté mystérieux qui l’intrigue et le fascine : pour quelle raison d’aussi beaux domaines ont-ils pu être laissés à l’abandon, jusqu’à tomber dans l’oubli ?

En vérité, ils ne sont pas si « oubliés » que cela, la preuve en est les Urbexeurs qui les visitent. Le secret de leur existence est jalousement gardé dans le but de les faire durer en l’état le plus longtemps possible. La règle d’or, consistant à ne rien casser, laisser derrière soi, ou prendre, hormis quelques clichés, est soigneusement appliquée par tout photographe pratiquant l’Urbex. Via l’immortalisation de ces lieux somptueux et énigmatiques, Alexandre Di Pascoli capture un peu de leur essence et de leur magie. Son objectif : faire découvrir des univers surprenants et quasi inexplorés tout en conservant une empreinte de leur évolution dans le temps. Pour ce photographe des temps modernes, immortaliser ces endroits, c’est un peu comme voyager à travers le temps. Ses photos offrent ainsi les images de ce voyage, une sorte de rêve éveillé…

En tant que passionné d’histoire, Alexandre Di Pascoli a le sentiment, en les photographiant, de participer à sa façon à l’histoire de ces lieux. Bien que délaissés aujourd’hui par l’homme, quelque chose demeure en ces lieux tourmentés qui furent un jour à l’apogée de leur splendeur : la souffrance du temps qui passe, la mémoire de ce qui a été, le silence et le calme de l’oubli mais aussi sûrement des secrets, de la vie qui fut jadis… L’artiste exprime lui-même avec sensibilité cette sensation unique qu’il éprouve lors de l’exploration desdits lieux : « Leur parure du jour exprime la prose du temps… » Grâce à une mise en scène de son choix – le lieu seul, majestueux et impressionnant de grandeur, ou bien encore habité par une femme, élégamment vêtue, et qui redonne vie aux murs oubliés… –, Alexandre Di Pascoli se veut l’observateur de l’œuvre du temps. Ses clichés sont une porte ouverte vers des univers d’antan qui recèlent mystères et émotions. En en gardant une trace, il œuvre pour « ne pas laisser échapper le présent »…