DESSINATRICEEloïse Pariot

Découvrir. S’émouvoir. Recommencer

Née en Normandie en 1990, Éloïse Pariot a vécu dans différentes villes de l’Hexagone avant de s’établir à Strasbourg où elle réside toujours aujourd’hui. Passionnée par la science, elle a d’abord suivi la voie d’ingénieur en génie biologique en travaillant comme consultante pendant deux ans. Réalisant que ce travail ne lui convient pas, elle se met ensuite à chercher sa nouvelle voie et entreprend un long voyage en Argentine et au Chili.

Pendant une durée de six mois, la jeune femme se retrouve au cœur de la nature. Source d’inspiration illimitée et de joie, celle-ci lui permet de redécouvrir le monde, voire de découvrir de nouveaux mondes dont l’existence lui était jusqu’alors insoupçonnée. Ce voyage agit comme une révélation : c’est décidé, Éloïse Pariot veut œuvrer pour la protection de la biodiversité à tous les niveaux : espèces rares et communes confondues.

Ainsi est-elle devenue naturaliste, mais aussi artiste… Éloïse Pariot observe attentivement la nature, étudie et contemple les animaux qui y vivent, se laisse imprégner par leur environnement… et les reproduit à l’encre noire sur du papier, en laissant libre cours à son inventivité… Un détail que personne n’aura remarqué peut l’inspirer et devenir le point de départ d’un dessin : l’attitude étrange d’un oiseau ou son chant particulier, le nom étonnant d’une espèce ou un trait caractéristique dans sa silhouette… Toute spécificité d’un être vivant est propice à la création d’un dessin dont elle seule a le secret. Sous ses stylos techniques à encre noire, les seuls outils qu’elle utilise pour son art, naissent des créatures émouvantes, à la fois fidèles à la réalité et non conformes. En un mot, étonnantes. Non sans un brin d’humour et une touche de créativité, Éloïse brouille un peu les pistes et fait apparaître sur le papier à grains de drôles de créatures, aisément reconnaissables. Une note, « l’info naturaliste », accompagne souvent le dessin ; cela peut être une information réelle concernant l’espèce en question, ou une information absurde pour amuser le spectateur. Ainsi, l’on peut lire par exemple sous son dessin du Goéland-sot, « l’info naturaliste » suivante : « Avec sa tête en forme de seau, ce goéland typique des plages touristiques se camoufle à merveille. Sa vue n’est pas très développée et on le reconnaît aisément à ses trébuchements fréquents. »

Au-delà du sourire que ces dessins suscitent chez le spectateur, c’est surtout leur intérêt pour la faune que la jeune scientifique veut éveiller. Les dessins d’Éloïse ont un objectif essentiel à ses yeux ; ils invitent tout un chacun à redécouvrir sous un jour nouveau des espèces animales qu’ils connaissent déjà, ils les invitent à voir ce qu’ils n’avaient pas vu, à penser à ce qu’ils n’avaient pas imaginé en observant telle ou telle espèce animale, telle ou telle caractéristique. Et ils les invitent aussi et surtout, dans le même temps, à se « rapprocher » de cet animal, à être tout à coup sensible à ce qu’il est, à son environnement et à son devenir. De façon détournée, un nouveau lien se crée entre un animal déjà connu et la personne qui l’observe. Quelle façon ambitieuse de la part d’Éloïse Pariot de transmettre à autrui ce désir de prendre soin de la biodiversité…